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Couverture médiatique des femmes et de la condition féminine

Silhouette de femmePlusieurs spécialistes considèrent la rareté des femmes dans les médias comme étant préoccupante. Sous-représentées dans les émissions d’information, les femmes sont souvent décrites de manière stéréotypée quand elles sont présentes. Les professionnelles et les sportives sont particulièrement touchées par cette tendance.

En 2000, l’Association des femmes journalistes a réalisé, dans 70 pays, une étude sur la couverture médiatique des femmes. On a découvert que seulement 18 % des reportages font référence à des femmes, alors que la proportion de nouvelles dont le sujet principal est une femme ou un sujet lié à la condition féminine s’élève à aussi peu que 10 %. Toujours selon cette étude, les femmes sont encore plus rares dans les reportages sur les sujets considérés les plus importants comme la politique et l’économie. Elles sont cependant très présentes en tant que victimes d’accidents, de catastrophes naturelles ou de violence familiale.

En 1998, le politologue Denis Monière a analysé 83 bulletins de fin de soirée diffusés à la SRC, TVA et à CBC. Il a remarqué qu’« on sollicite le point de vue des femmes surtout à titre de citoyennes et très peu en tant qu’expertes. Les modèles de réussite sociale ou d’influence dans les domaines de la politique, de l’économie et de la société sont toujours massivement masculins. » La visibilité des femmes dans les bulletins de nouvelles aurait même régressé depuis les 10 dernières années, selon cette enquête.

Denis Monière signale, par ailleurs, que « la proportion de politiciennes interviewées est nettement inférieure à leur représentation à la Chambre des communes et à l’Assemblée nationale ». Cette faible couverture pourrait être rachetée par la profondeur et la qualité des reportages. Mais ce n’est pas le cas, selon la journaliste canadienne Jenn Goddu qui a étudié sur 15 ans la couverture accordée dans les journaux et les magazines à trois groupes de pression en faveur des femmes. Elle a découvert que les journalistes s’attardaient souvent à des détails de la vie privée des femmes actives en politique plutôt que d’exposer leurs opinions. Il n’est pas rare que les articles sur les politiciennes et autres femmes de pouvoir mentionnent le style de vêtement qu’elles portent, ou leur restaurant préféré par exemple.

Caryl Rivers, professeur en journalisme à l’Université Columbia, remarque aussi que les femmes actives en politique sont souvent critiquées et stéréotypées par les médias. Durant la présidence de son mari, Hilary Clinton a été qualifiée au moins 50 fois dans la presse de « sorcière » ou autre périphrase équivalente. « Les figures politiques masculines, dit-il, sont parfois victimes d’insultes mesquines ou violentes, mais celles-ci font rarement appel à la terreur superstitieuse. La presse a-t-elle jamais accusé les présidents Carter, Reagan ou Clinton de magie noire ? »

Femmes et sports

Les sportives professionnelles ne sont guère mieux présentées dans les médias. Selon un sondage mené par l’Association canadienne pour l’avancement des femmes, du sport et de l’activité physique, elles récoltent un maigre 3 % de la couverture sportive dans les plus importants journaux canadiens.

Une couverture souvent teintée de sexisme. Les journalistes qui ont couvert les Internationaux de tennis féminin de Montréal en 2000 se sont d’ailleurs vu attribuer le prix Déméritas de la Gazette des femmes pour le caractère sexiste de leurs commentaires. La Gazette a souligné le vif intérêt des journalistes pour la tenue suggestive de certaines joueuses, de même que l’attention excessive accordée à Anna Kournikova, reconnue pour sa beauté plutôt que pour la qualité de son jeu.

Les commentateurs sportifs (des hommes à 97 %) n’utilisent pas le même langage quand ils parlent des hommes et des femmes. Selon une étude menée par Margaret Carlisle Duncan, professeure à l’Université du Wisconsin, les hommes sont généralement décrits comme « grands », « forts », « brillants », « courageux », « agressifs », alors que les femmes seraient souvent « lasses », « fatiguées », « frustrées », « affolées », « vulnérables » ou « à bout de souffle ». Les commentateurs appellent aussi deux fois plus souvent les hommes par leur seul nom de famille, et trois fois plus les femmes uniquement par leur prénom. Selon Margaret Carlisle Duncan, ceci « réduit les athlètes féminines au statut d’enfant et réserve l’image d’adulte aux athlètes masculins blancs ».

Brandi ChastainLa manière dont les femmes sont représentées dans les reportages sportifs est aussi très différente du traitement réservé aux hommes. Ceux-ci sont généralement saisis en pleine action alors que l’on photographie de plus en plus les sportives dans des poses hyper sexualisées. Les athlètes féminines doivent maintenant être belles et afficher un look sexy pour espérer intéresser les médias à leurs performances et transformer leur médaille d’or en argent comptant.

 
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