Le terme « propagande » fait référence aux différentes techniques de persuasion qu’on peut utiliser pour influencer les opinions, les émotions, les attitudes ou les actions d’un groupe de personnes. Une opération qui n’est en soi ni bonne ni mauvaise. Tout dépend des buts qu’elle poursuit.
Les groupes haineux font usage de propagande quand ils manipulent mots, images et associations d’idées pour :
- susciter un sentiment de supériorité ;
- exploiter peurs et insécurités de manière à diaboliser « les Autres » ;
- présenter leurs croyances et leurs idéologies comme des « vérités ».
Les techniques de propagande suivantes, isolées ou combinées pour maximiser leur efficacité, sont couramment exploitées par les sites des groupes haineux :
Jeux de mots et insultes
Les groupes haineux jouent avec les mots et le langage pour se présenter sous le meilleur jour possible. Ainsi, les suprématistes blancs emploient souvent le terme « racialistes » pour se définir, eux et leurs idéologies, et éviter ainsi le mot « racistes », dont la connotation est historiquement trop négative. Inversement, ils se servent d’injures pour déshumaniser ceux qu’ils considèrent comme inférieurs et justifier leurs préjugés.
Symboles et images
Ils ont compris également que les symboles sont un moyen rapide et puissant d’identification autour duquel réunir ceux qui partagent leurs idées, et ils les utilisent fréquemment sur leurs sites.
Pour légitimer leur action et « donner une image de marque » à leurs organisations, ils adoptent même des symboles normalement sans connotation raciste comme les croix celtiques, les couronnes ou les runes scandinaves.
Fausse autorité religieuse
Beaucoup de groupes haineux, même sans affiliation religieuse, utilisent une terminologie ou des textes qui laissent penser que Dieu est de leur côté. Par exemple, le chef d’une organisation blanche suprématiste s’en dira le « pasteur » et qualifiera les objectifs du groupe de « commandements ».
Fausse autorité scientifique
Ils « empruntent » également souvent leur autorité à la science ou à la médecine en citant hors contexte des études et écrits universitaires ou en présentant leur idéologie dans un langage pseudoscientifique. Il arrive souvent qu’ils introduisent des recherches ou des travaux d’organisations ou d’individus sympathiques à leur cause comme des « faits » établis en dehors de tout préjugé.
Nationalisme
Quand les organisations suprématistes blanches parlent de « patriotisme » ou de « citoyenneté », c’est généralement pour plaider en faveur de la « protection » de la population blanche contre la menace supposée d’une invasion d’immigrants de couleur. Pour s’attirer de nouveaux membres, les groupes haineux utilisent également des termes positifs, comme loyauté, noblesse, patrimoine ou militantisme, associés à l’idée de patriotisme.
Fausses alarmes
Certains groupes n’hésitent pas à jouer sur la peur pour alimenter l’idée qu’un groupe particulier d’individus est une menace pour la société en l’associant, par exemple, à la criminalité, au terrorisme ou à la maladie.
Fausses apparences
Tous les sites haineux n’affichent pas leurs vues de manière aussi claire. L’exemple peut-être le plus fameux de fausse représentation est le site sur Martin Luther King créé par l’organisation suprématiste blanche Stormfront. Se présentant comme un site éducatif à la mémoire du grand militant noir, cette page Web n’utilise pas une seule fois le mot « race », mais discrédite systématiquement Martin Luther King en l’accusant habilement de plagiat, de mensonges, de liens avec le parti communiste, de désordres sexuels ou de recours à la violence.
Révisionnisme
On appelle révisionnistes ceux qui présentent une version « révisée » de l’histoire. Ils se présentent comme des universitaires objectifs, mais sont connus pour leur habileté à réarranger la réalité pour accommoder leurs thèses. La majorité d’entre eux nient l’existence de l’Holocauste ou prétendent qu’il a été beaucoup moins terrible qu’on ne le dit.