Exercice proposé par Derek Boles
Comme chaque année, voici venu le rituel de la nuit des Oscars. L'Academy Awards offre une excellente chance aux étudiants d'explorer le côté politique de l'industrie cinématographique nord-américaine. Quel parcours un film doit-il emprunter pour être en nomination ? Quelles stratégies utilise-t-on pour « vendre » un film en compétition aux membres du jury de l'Académie du film et des sciences ? Qu'est-ce que ça prend pour gagner cet Oscar si convoité ? Dans cet essai, Derek Boles répond à toutes ces questions et fournit des pistes de discussion aux classes soucieuses d'en apprendre davantage sur cet exemple fascinant de la culture populaire nord-américaine.
C'est quoi au juste l'Académie ?
Les Academy Awards sont remis par l'American Academy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS), un organisme à but non lucratif qui débuta en 1927 pour « souligner la qualité artistique de l'art cinématographique, offrir un forum commun aux divers corps et métiers de l'industrie, encourager la coopération au sein de la recherche technologique et du progrès culturel et poursuivre une variété d'autres objectifs déterminés ».
La cérémonie télévisée des « Academy Awards » est l'événement le plus médiatisé au monde, bien que ce ne soit pas nécessairement l'activité la plus importante de l'AMPAS. Le travail le plus précieux effectué par l'Academy est en fait la préservation des films. Des milliers de films réalisés à Hollywood risquent d'être perdus à tout jamais en raison de la détérioration des négatifs, conçus à l'époque avec du vieux nitrate d'argent. L'AMPAS tente actuellement de transférer ces négatifs vers un produit plus stable. Le procédé est toutefois long et dispendieux. Parmi les autres activités de l'AMPAS, on note des publications commerciales, la remise annuelle de prix à des étudiants en cinéma, la recherche, des festivals de films, un programme scolaire et la supervision d'une des meilleures bibliothèques au monde sur le cinéma.
À qui appartient l'AMPAS ?
Les membres sont choisis uniquement sur invitation. Cinq mille personnes sont membres de l'AMPAS. Cela représente environ 10 % de l'ensemble des artisans de l'industrie du film. Et point besoin d'être membre de l'AMPAS pour être en nomination aux Oscars. Seulement entre 50 % et 60 % des membres ont le droit de vote. L'AMPAS ne dévoile pas les statistiques qui indiqueraient combien de demandes d'adhésion ont été refusées. On sait cependant que de nombreuses demandes émanant du monde de l'industrie cinématographique ont été rejetées. La cotisation annuelle est de 100 $.
Chaque section possède ses propres règlements d'admission, mais ceux-ci incluent généralement deux crédits en solo et demandent d'être parrainés par deux membres. Être en nomination aux Oscars, c'est la meilleure façon de devenir membre.
À l'exception de la section « Comédien », qui contient un nombre égal de femmes et d'hommes, les autres sections de l'AMPAS sont largement dominées par des hommes. À la direction de l'AMPAS, on ne compte que quelques femmes ; certaines sections « brillent » même par une absence totale de femmes dans leurs rangs.
Les membres de l'AMPAS se font souvent envoyer des vidéocassettes des films mis en nomination, car nombre d'entre eux n'ont pas vu les films sélectionnés. Ce service n'est pas fourni par l'AMPAS mais par les studios de production, qui y voient là une façon de promouvoir leurs films.
Parce que la section comédie est la plus importante de l'AMPAS (25 %), les comédiens ont une influence disproportionnée, choisissant les films en nomination et, par la suite, les lauréats. Cela explique également pourquoi de nombreux films en nomination dans les principales catégories montrent des thèmes du monde du spectacle habituellement associés aux artistes.
L'une des critiques les plus fréquemment adressées à l'AMPAS réside dans l'âge avancé de ses membres, qui ne reflète pas nécessairement les tendances démographiques. En fait, il y a un conflit de génération entre l'âge moyen des membres de l'AMPAS et celui de ceux qui font présentement les films. Il y a deux ou trois générations entre l'âge moyen des membres et l'âge des fabricants de films. Certains de ceux qui votent sont octogénaires et n'ont pas été au cinéma récemment.
Au moins deux étoiles importantes du cinéma, Henry Fonda et James Garner, ont admis publiquement qu'ils avaient laissé leur femme remplir leur bulletin de vote à leur place, ce qui a incité l'AMPAS à resserrer ses procédures de vote.
Le calendrier des Oscars
1er décembre
Les crédits des films sont habituellement présentés à l'AMPAS par les producteurs ou le studio afin de se qualifier pour les mises en nomination.
31 décembre
À minuit, fin de l'année pour les Awards.
Début janvier
Les membres de l'AMPAS reçoivent par courrier un livret avec la liste des films éligibles.
Mi-janvier
Les bulletins de mise en nomination sont postés aux membres de l'AMPAS, qui ont dix jours pour les retourner.
Fin janvier
Clôture du vote pour les mises en nomination. Les bulletins, mis sous scellés, sont transportés sous la protection de gardes armés des bureaux de l'AMPAS à ceux de Price Waterhouse, une firme connue à la grandeur des États-Unis, dont la tâche sera de vérifier le caractère secret du code inscrit sur les bulletins afin de prévenir toute fraude.
Mi-février
Les mises en nomination sont officiellement faites par l'AMPAS devant 500 journalistes des médias internationaux à 5 h 30 du matin au cinéma de l'AMPAS, avec le concours des gagnants de l'année précédente dans la catégorie « Meilleur acteur de soutien ».
Fin février
Projection des films sélectionnés au cinéma Samuel-Goldwin de l'AMPAS.
Mi-mars
Les bulletins de vote finaux sont postés. Les électeurs ont deux semaines pour retourner leurs choix.
3e semaine de mars
Clôture du vote.
4e semaine de mars
Présentation des gagnants.
L'Oscar est une statuette mince de 32 cm de haut, en cuivre, représentant le corps nu mais stylisé d'un homme tenant une épée, debout sur une bobine de film. Plaqué or, le trophée pèse un demi-kilo.
À partir du moment où la liste des gagnants est connue et gardée secrète jusqu'à la soirée télévisée des Oscars, les communiqués sur les gagnants sont absolument inexistants. L'Academy récupère les statuettes le lendemain matin de la télédiffusion et fait inscrire dessus certains renseignements avant de les retourner aux anxieux propriétaires. Les informations personnelles du lauréat sont gravées sur une petite plaque fixée à la base de l'Oscar. L'inscription de la plaque comprend l'année, la catégorie récompensée et, bien sûr, le nom du lauréat. On retrouve également gravé au dos de la statuette un numéro de série.
Les Oscars sont fabriqués à Chicago par R.S. Owen et coûtent à l'AMPAS 200 $ chacun. Puisque maintenant certains artistes gagnent plusieurs Oscars dans diverses catégories, des statuettes supplémentaires ont été commandées afin de parer à toute éventualité. L'AMPAS commande habituellement une centaine d'Oscars par année. R.S. Owens fabrique également les Emmy Awards, les statuettes des Miss America, les trophées du joueur par excellence de la Ligue nationale de football et ceux remis aux lauréats du Temple de la renommée du rock and roll.
À l'occasion, d'anciens Oscars sont vendus aux enchères. Ce fut le cas pour celui qu'a reçu Marlon Brando en 1954 à titre de meilleur acteur pour son rôle dans On the Waterfront, qui a été vendu 13 500 $ en 1988. Il arrive aussi que l'AMPAS achète un Oscar du lauréat pour la somme de 1 $. Jusqu'à maintenant, environ une demi-douzaine de statuettes ont ainsi été vendues. Récemment, l'Oscar de Vivien Leigh pour son rôle dans Gone With the Wind a été vendu 563 000 $ ! La statuette remise aux Academy Awards fut sans nom jusqu'en 1931. Cette année-là, selon le légende, une secrétaire travaillant à l'Academy se serait exclamée, en voyant la statuette : « Mais elle ressemble à mon oncle Oscar ! ». Un chroniqueur qui passait par là a répété la remarque et le nom est par la suite resté. Aujourd'hui, le terme « Oscar » est beaucoup plus utilisé que « Academy Award ». En fait, il y a au moins deux différentes versions de cette histoire et personne ne peut vraiment affirmer laquelle est la vraie !
La télédiffusion des Academy Awards en tant qu'événement médiatique
La télédiffusion des Oscars est le plus grand événement médiatique annuel au monde en provenance des États-Unis. L'émission a un auditoire d'un milliard de personnes dans 90 pays. En 1992, la télédiffusion des Oscars a été vue par 28,4 % des foyers américains possédant un téléviseur. De tous les postes ouverts ce soir-là, plus de la moitié étaient syntonisés aux Oscars. Au Canada, presque 9 millions de personnes, soit un tiers de la population, a regardé en tout ou en partie cette retransmission des Oscars. L'auditoire canadien était composé de 48 % de femmes, 40 % d'hommes et 12 % d'enfants.
Avec ses 76 millions de téléspectateurs américains, la soirée des Oscars attire moins que le Super Bowl et son auditoire de 120 millions de personnes. Cependant, au niveau planétaire, ce sont des centaines de millions de téléspectateurs qui regardent les Oscars, puisque, dans nombre de pays, le football américain est inconnu. C'est l'édition de 1983 qui a attiré le plus de téléspectateurs aux États-Unis, avec 81 millions.
Quelques jours après la diffusion des Oscars, il se produit un étrange phénomène... Alors qu'habituellement des millions de personnes expriment leur opinion sur le cinéma par des grognements monosyllabiques, subitement, leurs critiques des films deviennent beaucoup plus élaborées, allant jusqu'à discourir sur la complexité de la mise en scène et les performances de tel ou tel comédien ! Et pourtant, plusieurs de ces personnes n'avaient pas mis le pied au cinéma plus d'une ou deux fois dans l'année.
La cérémonie des Oscars n'a été reportée qu'à trois occasions : de deux semaines en 1938 à cause d'inondations, de deux jours en 1968 en raison de l'assassinat de Martin Luther King, et de 24 heures en 1981 lors de la tentative d'assassinat du président Ronald Reagan.
La tenue des Oscars alterne entre deux sites : ainsi, en 1992, ce fut au Dorothy Chandler Pavilion du Los Angeles Music Center avec 2 900 sièges et, en 1991, au Shrine Auditorium avec presque 6 000 places. Plusieurs centaines de sièges sont réservés pour ceux et celles qui sont mis en nomination, pour les présentateurs des mises en nomination, pour les personnes gravitant autour des commanditaires et, bien sûr, pour les bien branchés de Hollywood accompagnés de leur escorte.
Les sièges restants sont offerts aux membres de l'AMPAS sur la base du « premier arrivé, premier servi » puisqu'il y a plus de membres que de sièges disponibles. Ceux qui désirent assister devront débourser entre 50 $ et 200 $ le billet. Au marché noir, les revendeurs peuvent se faire jusqu'à 1 500 $ le billet !
Le plan des sièges assignés est soigneusement respecté et contrôlé. Les comédiens en nomination et les présentateurs sont assis dans une section spéciale, en forme de demi-lune, proches de la scène, de façon à ce que leur visage soit aisément capté par les onze caméras de télévision et que les lauréats n'aient pas à marcher trop longtemps avant de quérir leur trophée.
L'animation de la soirée des Oscars
Le maître de cérémonie le plus souvent embauché pour présenter la soirée des Oscars fut Bob Hope. Il occupa la fonction à 22 reprises. Hope fut incontestablement une star du showbiz du XXe siècle grâce à ses nombreuses prestations dans les univers du vaudeville, du cinéma, de la radio, des concerts et de la télévision.
Engagé à quelques reprises, Johnny Carson fut un hôte plein d'esprit. Cependant, comme il était davantage une étoile de la télévision que du cinéma, sa présence fut considérée comme inopportune par plusieurs.
En 1984, la formule d'un seul présentateur fut abandonnée au profit d'une diversité d'animateurs à chacune des soirées. Robin Williams et Chevy Chase furent les plus populaires des maîtres de cérémonie durant les années 80.
Ces derniers temps, on a assisté au retour d'un seul animateur. C'est ainsi que Billy Crystal s'est avéré un présentateur fort populaire. Crystal était une vedette de la télé avant d'en devenir une du cinéma. Son humour, parfois caustique, a été apprécié par un auditoire souvent blasé. L'actrice et comédienne Whoopee Goldberg a également présenté les Oscars.
Gagner un Oscar : la belle affaire
Parmi ceux qui tirent profit de la télédiffusion des Oscars, on compte :
- L'Académie
La retransmission télévisée des Oscars rapporte à l'AMPAS deux millions par an et paie la plupart de ses activités.
- Le réseau de télévision
ABC fait des millions en vendant du temps d'antenne pour des pubs durant la retransmission au coût de 10 000 $ la seconde. Les stars les plus chères, qui ne viendraient jamais à la télé en d'autres circonstances, travaillent aux Oscars gratuitement. La cérémonie en elle-même n'est pas très dispendieuse à produire comparativement à ce que coûtent un film ou des mini-séries.
- L'industrie du film
La télédiffusion fait la promotion d'Hollywood et de ses films ; en fait, toute la télédiffusion est une gigantesque pub pour les films à venir dans l'année.
- Les gagnants
Prestige, vedettariat international et bénéfices monétaires résultent de l'obtention d'un Oscar, alors que les remerciements des lauréats valent la reconnaissance des pairs, ce qui est loin d'être à dédaigner.
En général, la production recevant l'Oscar du meilleur film peut compter sur des revenus supplémentaires au guichet, soit entre 20 et 50 millions dans les semaines suivant la télédiffusion, prolongeant ainsi la durée de présentation si le film est déjà à l'affiche dans les salles de cinéma.
Des noms de films ayant bénéficié de leur victoire aux Oscars ? En 1991, Le silence des agneaux faisait des bénéfices de 40 millions de dollars, et Le chauffeur de Miss Daisy de 32 millions.
Si le film est déjà disponible en vidéo, les locations et les ventes de cassettes vont augmenter, mais auront un effet négligeable sur l'ensemble des recettes. En 1991, le grand gagnant, Le silence des agneaux, était déjà disponible en vidéo et avait été diffusé à la télé payante quand il a remporté cinq Oscars dans cinq catégories, incluant ceux pour le meilleur acteur, la meilleure actrice, le meilleur scénario et la meilleure mise en scène. C'est pour parer à cette situation que les studios d'Hollywood présentent maintenant leurs meilleurs « poulains » en décembre dans les salles de cinéma. De cette façon, les producteurs profitent de la frénésie du temps des Fêtes et cela permet aux membres de l'AMPAS d'avoir ces films en mémoire lorsque débute la nouvelle année.
Les prix pour le meilleur acteur, la meilleure actrice et la meilleure mise en scène ont une valeur limitée au guichet. Quant aux autres récompenses, leur influence ressemble à celle d'une publicité qui tente d'attirer les gens au cinéma.
Comment les Oscars sont-ils accordés ?
Il y a grosso modo 5 000 électeurs à l'Académie. Une centaine de membres vivent à l'extérieur de Los Angeles. Afin de se qualifier pour la course aux Oscars, un film doit avoir été projeté en salle au moins une semaine à Los Angeles avant le 31 décembre.
Seule la catégorie du meilleur film reçoit les votes de tous les membres de l'Académie pouvant voter. Quant aux autres catégories, une présélection est effectuée. Les mises en nomination pour celles-ci sont le résultat uniquement des votes de ceux qui oeuvrent dans la même spécialité que les artisans sélectionnés. C'est ainsi que les metteurs en scène votent uniquement pour les metteurs en scène, et ainsi de suite. Chaque électeur peut choisir cinq candidats qui ont fait preuve d'excellence dans leur travail pour chacune des catégories qu'on retrouve aux Oscars. Lors du dépouillement des votes, les noms des cinq candidats ayant reçu le plus de votes deviennent alors la sélection officielle de chaque catégorie. Pour le vote final en vue de la soirée de la remise des Oscars, tous les membres de l'Académie peuvent voter pour les principales catégories à l'exception des catégories plus techniques, pour lesquelles ils n'ont pas vraiment de compétence. Cette politique a parfois donné lieu à quelques critiques et donné des gagnants d'Oscars qui ont embarrassé les membres de telle ou telle branche d'activité.
Pendant cette période, c'est le temps de la petite politicaillerie, des coups de poignard dans le dos, du trafic d'influence. Certaines représentations, certaines campagnes publicitaires ou certains événements médiatiques sont organisés par les studios de production dans le seul but de gagner des votes. Cependant, ces dernières années, un certain ressac s'est manifesté contre les trop évidentes et trop généreuses tentatives d'achat de votes.
En ce qui concerne les films étrangers en nomination, ils doivent être tous sous-titrés en anglais et proposés aux gens de l'Académie par des organismes équivalents à l'AMPAS. Il n'y a qu'une seule mise en nomination par pays. Les quelques membres de l'AMPAS qui s'occupent de voter dans cette catégorie doivent assister à des représentations spéciales des cinq films mis en nomination avant de soumettre leur vote. Certains films québécois comme Le déclin de l'empire américain ou Jésus de Montréal ont d'ailleurs déjà été sélectionnés dans cette catégorie.
Les gagnants des Oscars : des secrets bien gardés
Les choix et les votes postés par les membres de l'AMPAS sont par la suite comptabilisés par la firme Price, Waterhouse and Company. Les résultats sont gardés secrets de tous. Ceux qui dépouillent les votes sont enfermés dans une salle protégée par des gardes ; ils ne font le décompte final que la journée de la retransmission et scellent par la suite les enveloppes annonçant les heureux gagnants.
Une personne spécialement nommée par Price Waterhouse est responsable de 22 enveloppes scellées. Elle les emporte au gala et les remet en mains propres aux présentateurs juste avant l'annonce des gagnants. Une copie des enveloppes scellées est gardée par une autre personne responsable - celle-là anonyme - de chez Price Waterhouse. Cette dernière est assise dans l'auditoire au cas où surviendrait un pépin à la première personne. La première personne et sa doublure ne prennent pas la même voiture pour se rendre à la cérémonie au cas où surviendrait un accident.
Les bookmakers de Las Vegas ne paieront que pour les gagnants dont les noms auront été donnés en ondes.
Les rites associés aux Oscars
Pour plusieurs, regarder la télédiffusion des Oscars s'apparente à une expérience religieuse. Sorte de grand-messe du monde cinématographique, les Oscars ont lieu tous les ans à la même période et sont régis par une multitude de règlements et des centaines de commandements. La statuette d'Oscar est elle-même devenue une sorte d'icône sacrée au sein de l'industrie, bien en vue sur « l'autel » pendant la cérémonie. Plusieurs de ceux qui participent à la cérémonie en regardant la retransmission ne comprennent pas vraiment ce dont il s'agit. En ce qui concerne le téléspectateur moyen, il y perd tout sens critique. De toute façon, la plus grande partie des téléspectateurs n'a parfois vu aucun des films mis en nomination.
À la cérémonie des Oscars, il y a parfois des sacrilèges. Cela va des discours trop longs aux présentateurs, qui prennent avantage de la tribune des Oscars pour faire valoir leur cause politique favorite. L'AMPAS fait tout en son pouvoir pour décourager de tels comportements. Ainsi, Richard Geere, qui a fait des commentaires sur le Tibet, est sûr qu'il ne remontera plus sur la scène des Oscars à moins qu'il ne soit lui-même gagnant d'un Oscar ou que ne survienne un improbable événement.
De la star au conducteur de camions, chaque homme présent à la cérémonie porte un smoking. Quant aux femmes, elles portent des robes de soirée qui ont auparavant été examinées par le styliste officiel de l'AMPAS. Les femmes mises en nomination et les présentatrices peuvent aussi obtenir, grâce à des contacts au sein de l'AMPAS, une toilette gratuite de couturiers en quête de publicité. En fait, la confusion des genres est rarement apparente durant les Oscars !
Les plus longues cérémonies des Oscars ont été en 1989 et en 1992. Toutes deux ont duré 3 heures 24 minutes.
Pas moins de 300 limousines sont réservées une année à l'avance par l'AMPAS pour les grandes arrivées des stars. Outre la flotte de limousines, on retrouve aussi une vingtaine de Rolls-Royce avec chauffeur destinées aux mégastars, même si des stars plus modestes comme Meryl Streep et Robert DeNiro préfèrent, le jour de la remise des Oscars, les limousines officielles de l'AMPAS en raison des conditions horribles de la circulation ; ces vedettes aiment mieux s'en remettre à des conducteurs expérimentés.
C'est en 1988 qu'on a vu la pire circulation entourant l'histoire des Oscars. Les stars, qui se retrouvaient coincées à quelques pâtés de maisons du lieu de la cérémonie, ont été forcées d'abandonner leur limousine - y compris Glenn Close, alors enceinte de neuf mois - et d'effectuer le reste du trajet à pied. Un numéro prévu au programme de la soirée, qui devait rassembler sur scène les acteurs des meilleurs 39 films, a dû être annulé puisque plusieurs de ces comédiens n'étaient pas encore arrivés. Depuis, certains employés de la ville de Los Angeles quittent plus tôt leur travail afin de participer à une répétition des arrivées.
Après être descendus de leur limousine, les princes et princesses d'Hollywood paradent sur un tapis rouge entre deux rangées bondées de fans dont certains ont campé pendant 48 heures sur le trottoir afin d'obtenir un siège. Sont aussi présents cameramen de la télé et photographes du monde entier. Pour les plus grandes stars, cela peut prendre près d'une heure à passer au travers de ce cirque médiatique.
Lorsque les artistes quittent leur siège soit pour présenter ou recevoir un Oscar, soit pour se préparer en vue d'un numéro, soit tout simplement pour aller aux toilettes, une équipe de 128 « doublures » est continuellement sur le qui-vive afin de remplacer à leur siège les vedettes jusqu'à leur retour. Ainsi, les caméras ne donneront pas l'impression de vides apparents au milieu de cette parfaite symétrie de vedettes. Les substituts des stars sont des bénévoles qui ont reçu des consignes strictes : on n'amorce aucune conversation avec les stars et on ne demande aucun autographe.
L'auditoire aime bien voir des événements controversés durant la retransmission. Ça permet aux gens de croire que ce n'est pas seulement un exercice médiatique où tout baigne dans l'huile à la limite de l'ennui. Ces événements farfelus vont du « nuvite » en passant par des messages politiques ou des gaffes embarrassantes comme se tromper d'enveloppe ! Évidemment, les organisateurs des Oscars font tout ce qu'ils peuvent pour éviter ce type d'événements, ne serait-ce qu'en embauchant 500 personnes, policiers et civils, pour renforcer la sécurité durant la retransmission. L'AMPAS souhaite que la remise des prix soit un événement sans bavure, sans controverse, vide de toute idéologie apparente.
« Et le gagnant est [?] » et « L'enveloppe s'il vous plaît » sont devenues deux phrases parmi les plus populaires sur la planète bien qu'elles n'aient pas été utilisées très longtemps. Maintenant, les présentateurs arrivent sur scène avec les enveloppes et déclarent : « [...] et l'Oscar est attribué à [?] ».
L'illusion voulant que les stars vues aux Oscars soient des gens ordinaires fait aussi partie de la mythologie hollywoodienne. Cet aspect est renforcé quand les stars bâillent, deviennent excitées, sont déçues, portent des vêtements moches, se disputent avec d'autres vedettes, ont l'air « gelé » ou ivre, ou ont un comportement déplacé, considéré comme normal dans d'autres milieux.
L'un des plus grands plaisirs de tout spectacle avec des remises de prix, c'est la possibilité de voir des grandes stars être réduites à balbutier quelques mots parce qu'elles n'ont préparé aucun discours.
Pendant la semaine suivant la télédiffusion, plusieurs millions de personnes iront voir le gagnant de l'Oscar du meilleur film. Cet honneur sera, bien sûr, utilisé pour promouvoir le film, et ce, dans tous les marchés parallèles. Car, au moment de la retransmission d'une cérémonie des Oscars, on a souvent droit à d'ennuyeux aller-retour entre la salle et la scène et à des discours décousus pour une part d'auditoire qui ne comprend souvent rien à la signification de telle ou telle récompense.
Lorsque les gagnants ont été connus dans la plupart des catégories mettant en présence des comédiens et des comédiennes, les caméras s'affairent à montrer des images de la salle. Les perdants interpréteront alors l'un de leurs meilleurs rôles de composition en faisant semblant de ne pas être désappointés. Certains donneront même l'impression d'être heureux pour les gagnants.
Le type de film gagnant pour les Oscars
La plupart des films sont des oeuvres de fiction. Cependant, l'AMPAS démontre une nette préférence pour les films dramatiques basés sur des événements vécus ou de vrais personnages. C'est le type de films susceptibles d'être mis en nomination. Les électeurs de l'AMPAS démontrent également un penchant à honorer des films à succès qui sont déjà dans les salles de cinéma et qu'un Oscar peut ainsi aider au guichet. Les films qui ne sont pas assez rentables ou qui sont sortis en vidéocassette ont tendance à être ignorés.
Ces dernières années, l'AMPAS a quelque peu ignoré les prestations de qualité de la part de jeunes comédiens. On a plutôt préféré se tourner davantage vers les comédiens plus âgés. L'acteur de 21 ans Eric Stoltz, avec son rôle de Rocky Dennis dans Le masque en 1985, n'a pas été mis en nomination bien que son personnage ait été reconnu parmi l'une des plus belles interprétations des dernières années, surtout sous 500 grammes de maquillage ! En 1992, Jack Palance, alors âgé de 72 ans, recevait un Oscar pour son rôle de moribond dans le film City Slikers. Dans ce film, il était tellement une loque humaine que, lorsqu'il est mort, il a fallu quelques minutes aux autres personnages pour s'en apercevoir.
Les biographies de gens remarquables et les portraits d'individus mentalement mauvais sont fort bien représentés au sein des Oscars, particulièrement ceux dévolus aux comédiens. Les Oscars destinés aux acteurs ont tendance à être remis aux comédiens pour l'ensemble de leur oeuvre plutôt que pour une performance individuelle dans un film, comme le stipulent pourtant les règlements de l'AMPAS.
Certains types de films ont, de façon générale, toujours été ignorés pour les nominations dans la catégorie du meilleur film. C'est le cas pour les films d'horreur, de jeunesse, d'aventures, de science-fiction, d'action, etc. C'est le cas également pour les westerns et les comédies musicales. En ce sens, les deux derniers gagnants pour l'Oscar du meilleur film, Le silence des agneaux en tant que film d'horreur et le western Unforgiven, font figure d'exception.
Les drames sérieux aux thèmes profonds sont plus susceptibles d'être mis en nomination que les films légers. Souvent, ces films sont présentés en salle dans le dernier trimestre de l'année plutôt que durant l'été, bien qu'encore une fois les deux derniers gagnants n'aient pas respecté cette tendance.
Autre truc pour gagner un Oscar : si votre personnage meurt pendant le film, vous avez plus de chances d'être récompensé. Parmi les films gagnants, les deux principales occupations des personnages masculins sont les suivantes : soldats, à 14 %, et justiciers, à 9 %. En ce qui concerne les femmes, elles interprètent des rôles de comédiennes à 15 %, et de prostituées à 12 %.
L'idéologie derrière les Oscars
L'AMPAS fut pratiquement anéantie en 1930 lors d'une campagne de boycottage. Celle-ci, dirigée par les magnats de l'industrie cinématographique, avait pour but de contrer les mises sur pied d'une guilde d'artistes et d'un syndicat des travailleurs du monde du cinéma. Tout ce qui touche à la télédiffusion des Oscars ou quiconque participe à celle-ci contribue aux intérêts de l'industrie du film. Cette priorité a même préséance sur les exigences d'une bonne émission de télé. Il est clair qu'il règne au sein de la cérémonie des Oscars une hégémonie de l'esprit américain. Les récompenses hollywoodiennes sont là pour prôner les valeurs américaines : démocratie, compétitivité, croissance de la mobilité, ambition professionnelle et succès économique. Alors que les Academy Awards sont censés célébrer ces valeurs, une analyse un peu plus poussée révèle toutefois certaines contradictions.
Bien que les Oscars soient télédiffusés à la grandeur de la planète, il n'existe aucun équivalent étranger rayonnant sur les États-Unis. C'est l'exemple le plus clair de l'impérialisme américain. Les valeurs et l'idéologie américaines sont gobées par des centaines de millions de gens à travers le monde qui ignorent tout de ces contradictions.
Les Oscars sont le pendant américain des aventures de la monarchie britannique telle que décrite par la presse anglaise. À cet égard, la présence britannique est importante aux Oscars. En additionnant les productions mises en nomination pour les meilleurs films et celles qui remportent des Oscars, cela représente 18 % du total des films récompensés.
D'autres pays n'ont pratiquement aucune influence dans la remise des Oscars. Le dernier empereur, sacré meilleur film de 1986, a été réalisé en Chine, mis en scène par un Italien mais financé par des capitaux hollywoodiens. Les rares films canadiens déjà récompensés aux Oscars (habituellement dans les catégories courts métrages ou documentaires) n'ont pas vraiment d'identité canadienne. Quant aux films québécois présentés aux Oscars, ils sont regroupés dans la catégorie « étrangers » en raison du français.
Les gagnants aux Oscars : miroir des conditions sociales
Les Oscars sont souvent remis davantage pour des raisons sentimentales ou idéologiques que pour la qualité technique d'un film. C'est particulièrement vrai dans les catégories plus prestigieuses. Ces récentes années, certains choix ont reflété le vent libéral qui soufflait sur l'Académie, histoire de réparer un tant soit peu certains torts causés par les votes des électeurs de l'AMPAS.
Les bouleversements politiques et sociologiques ainsi que les contradictions propres à la fin des années 60 ont été représentés dans le choix des gagnants de cette période.
L'autre côté du miroir
Certains acteurs se plaignent parfois d'avoir de la difficulté à se trouver des rôles intéressants après l'obtention d'un Oscar. C'est le cas notamment de F. Murray Abraham, Louise Fletcher, George Burns, Art Carnet et Marlee Matlin. D'une part, après avoir remporté un Oscar, certains acteurs exploitent leur popularité en choisissant des rôles dans des films qui sont de qualité inférieure (Rod Steiger, Louis Gossett, Sophia Loren, Faye Dunaway, et Cliff Robertson). Les acteurs deviennent prisonniers des types de rôles qui leur ont fait gagner un Oscar ou qui les ont mis en nomination (Julie Andrews, Marsha Mason et Bruce Dern). D'autre part, certains comédiens ont de la difficulté à trouver des bons rôles parce que les producteurs supposent que leurs services sont trop dispendieux après avoir remporté un Oscar (Maureen Stapleton et Linda Hunt). D'autres acteurs trouvent que le rythme entourant les Oscars est si intense qu'ils trouvent difficile de mener une vie normale (Meryl Streep et Jessica Lange). Certains comédiens admettent même que le succès d'une telle récompense leur monte à la tête et qu'ils deviennent dysfonctionnels (Richard Dreyfuss).
Les inattendus, les embarras et les autres gaffes
Au fil des diverses retransmissions, l'AMPAS a souvent fait appel à d'anciennes stars à la limite d'expirer. Une des pionnières de l'industrie cinématographique, Mary Pickford, a ainsi été « honorée » en 1976. Mme Pickford était tellement impotente qu'elle ne pouvait se rendre aux cérémonies. Une équipe technique est donc allée la filmer chez elle ; mais elle était tellement confuse que c'est tout juste si elle a compris ce qui lui arrivait.
De même, Susan Hayward, gagnante d'un Oscar en 1958, souffrait d'un cancer en 1974. Néanmoins, l'AMPAS l'a persuadée de faire une apparition à la télé. Elle a pratiquement été transportée sur la scène alors que ses médecins, qui écoutaient l'émission, se demandaient si elle était capable de continuer.
Le metteur en scène à succès, Steven Spielberg, a souvent été snobé par les électeurs de l'AMPAS. E.T., l'un des plus grands films à succès de l'histoire, perdait aux mains de Gandhi, un film politiquement correct, mais quelque peu surfait et pratiquement ennuyeux à regarder. Quant à Rencontre du troisième type, l'un des meilleurs films de fiction à avoir été réalisés, il a également été ignoré pour les grands honneurs. Les électeurs ont compensé pour ce snobisme en décernant, en 1994, les plus grands honneurs à La liste de Schindler ; au total, le film a été mis en nomination douze fois et a remporté sept Oscars, en incluant ceux du meilleur film et de la meilleure réalisation. La liste de Schindler aurait dû gagner onze récompenses pour égaler le film le plus « oscarisé » de tous les temps, Ben Hur, qui avait eu onze nominations en 1959.
En 1973, Marlon Brando, qui était alors actif dans la cause des droits politiques des autochtones, a envoyé à la cérémonie la princesse amérindienne Sacheen Littlefeather à sa place puisqu'il avait été mis en nomination pour le meilleur acteur pour son rôle de Don Vito Corleone dans Le parrain. Lorsque l'acteur 007, Roger Moore, a annoncé Brando comme gagnant, Mme Littlefeather est montée sur scène, refusant l'Oscar et délivrant un discours préparé sur les droits des autochtones. Plus tard, il s'est avéré qu'elle n'était aucunement amérindienne. L'Oscar en question, qui n'a jamais été réclamé par Brando, reste encore la possession de l'AMPAS.
L'année suivante, un homme tout nu a traversé la scène en courant, alors que David Niven était en train de présenter Elizabeth Taylor. Bien que celui-ci en ait profité pour faire une plaisanterie au sujet du nuvite, les représentants de l'AMPAS n'ont pas trouvé l'incident drôle du tout ! Ils étaient épouvantés de constater à quel point les mesures de sécurité étaient faciles à déjouer.
Pendant la représentation du 50e anniversaire des Oscars, Vanessa Redgrave, connue pour ses activités de gauche, a livré un passionné réquisitoire en faveur de la cause palestinienne, alors qu'elle recevait un Oscar au titre de la meilleure actrice dans Julia. Une manifestation s'en est presque suivie dans les coulisses et le présentateur-écrivain Paddy Chayefsky, trop absorbé à l'idée de réfuter les propos de l'actrice, en a oublié de lire la liste des scénaristes mis en nomination pour l'Oscar du meilleur scénario. À l'extérieur de la salle, il y avait des centaines de manifestants pro et anti-palestiniens. Certains de ces derniers ont brûlé en effigie Mme Redgrave. L'escouade tactique de Los Angeles a dû intervenir pour disperser les manifestants. Ironiquement, la victoire de Redgrave reflétait l'impartialité des électeurs juifs de l'AMPAS, qui lui avaient décerné un Oscar en dépit de ses opinions anti-sionistes.
Il y a également eu de l'agitation lors de la retransmission des Oscars de 1978. Pour l'occasion, Debbie Boone, qui interprétait la chanson couronnée par un Oscar « You Light Up My Life », était entourée d'enfants malentendants âgés de 10 ans qui signaient la chanson. Il s'est cependant avéré que les enfants n'étaient pas sourds et que le soi-disant langage gestuel utilisé ne correspondait nullement au vrai langage des signes des malentendants. L'AMPAS a été contrainte d'admettre que les enfants avaient été recrutés au sein d'une école publique des environs.
Les Oscars étaient devenus un lieu privilégié pour les contestataires. Cependant, ces incidents servaient avant tout à faire grimper les cotes d'écoute pour un spectacle qui n'était en fait qu'une cérémonie d'autofélicitations. La cérémonie de 1980 a été relativement calme bien que tout le monde espérait voir encore des scènes imprévues et excitantes.
En 1992, des activités gay ont menacé de déranger les cérémonies afin de protester contre ce qu'ils considéraient comme des stéréotypes négatifs véhiculés dans les films d'Hollywood, en particulier dans deux films mis en nomination cette année-là pour l'Oscar du meilleur film : Le silence des agneaux et JFK. Alors que l'auditoire à la maison ignorait les protestations qui se déroulaient à l'extérieur de l'enceinte, le maître de cérémonie de la télédiffusion, Billy Crystal, ainsi que plusieurs vedettes arboraient un ruban rouge indiquant par là leur sympathie aux victimes du sida. Certaines stars ont même abordé le sujet lorsqu'elles ont reçu ou présenté leur récompense.
Ironiquement, Le silence des agneaux, une des productions prises à partie par la communauté gay, remporta des Oscars dans cinq catégories (meilleur comédien, meilleure comédienne, meilleur direction d'acteurs, meilleur scénario et meilleur film). Seulement deux autres films dans l'histoire des Oscars ont reçu autant de distinctions ; il s'agit de It Happened One Night, en 1934, et de Vol au-dessus d'un nid de coucou, en 1975.
Ce qu'ils ont dit des Oscars
« Deux heures d'un spectacle pétillant qu'on étire sur plus de quatre » et « O.K., la gang, on commence notre quatrième heure. C'est le temps de surveiller le tableau des paris et de voir combien d'argent on a accumulé. »
Johnny Carson
« Les Oscars ? C'est l'aspect solennel de la remise des prix Nobel à Stockholm avec le mauvais goût clinquant d'une ouverture d'un centre commercial de Los Angeles. »
Vincent Canby
« Quand ils vous appellent pour vous remettre un Oscar spécial pour l'ensemble de votre oeuvre, c'est qu'il sera bientôt temps de passer l'arme à gauche. »
Joan Crawford
« Il y a deux types de gagnants : ceux qui prétendent qu'un Oscar ne signifie rien pour eux et ceux qui fondent en larmes en recevant leur prix tout en remerciant leur mère, leur père, leurs enfants, le producteur, le réalisateur et, s'ils le pouvaient, la Ligue américaine de base-ball. »
Dore Schary
Activités pour la classe
Les suggestions suivantes aideront les enseignants désireux d'intégrer au cursus scolaire un cours sur l'analyse de l'Academy Award.
- Demandez aux élèves de comparer une liste des dix meilleurs films au guichet de l'année avec les films mis en nomination pour les Oscars.
Comment expliquer les différences entre la liste des films rapportant le plus financièrement et celle contenant les films les plus appréciés par la critique ?
- Faites circuler une liste des gagnants des Oscars pour le meilleur film au cours des 15 dernières années. Demandez aux élèves de discuter de quelle manière les films honorés représentent les priorités sociales et idéologiques de cette période. À partir des gagnants des années 90, quelles seraient les questions sociales prioritaires d'aujourd'hui ?
- Faites circuler en classe une liste de films primés aux Oscars (peu importe l'époque) à titre de point de départ pour une recherche à la fois historique et sociologique. On réalisera ces listes en se référant à la bibliographie ci-dessous ainsi qu'en allant à la bibliothèque, où on retrouvera d'autres ouvrages de référence traitant de ces productions.
Distribuez des bulletins de vote de la soirée des Oscars.
- Les élèves déterminent quels films leur sont familiers.
- Ils votent une première fois en fonction de leurs goûts, et une deuxième selon leur compréhension de l'idéologie et des idées politiques véhiculées par les Oscars.
- Le lendemain de la remise des Oscars, comparez les votes des élèves avec ceux des électeurs de l'AMPAS.
Ressources
Les ressources suivantes sont utiles pour ceux qui souhaitent en savoir davantage sur la question :
Livres
Inside Oscar: The Unofficial History of the Academy Awards (4e édition), par Mason Wiley et Damien Bona, publié chez Ballantine Books, 1993 ; 25 $. Ce livre est disponible dans plusieurs librairies anglophones ainsi qu'en bibliothèque. Véritable agenda des Oscars, il dévoile les coulisses politiques des Oscars.
Behind the Oscar: The secret History of the Academy Awards, par Anthony Holden, publié chez Viking/Penguin Books, 1993 ; 16,99 $. Mieux écrit que le précédent, ce livre s'apparente plus à un essai. Behind the Oscar vient d'être publié en livre de poche.
Vidéos
Oscar's Greatest Moments: Unforgettable Highlights from the Academy Awards?1971 to 1991 ; vidéo produit par RCA/Columbia Pictures Home Video. Moins de 20 $ dans certains clubs vidéo. Cette cassette vidéo de 110 minutes est un bon exemple du style « oscarien » et, de plus, elle est plus intéressante que les retransmissions actuelles des Oscars. Elle présente plusieurs des moments les plus embarrassants qui ont été décrits dans cet article ainsi que les numéros les plus moches des Oscars.
Source : Reproduit avec la permission de Mediacy, « La lettre de l'Ontario's Association for Media Literacy », vol. 16, no 1. Ce dossier pédagogique vous est proposé par Derek Boles ; il est tiré d'un article rédigé à l'hiver de 1994 pour l'édition de Mediacy, « La lettre de l'Ontario's Association for Media Literacy ».