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Les stéréotypes à la télévision

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Un stéréotype est une image toute faite, qui paraît sortir d'un moule. Le mot vient d'ailleurs du procédé typographique qui permet de reproduire des images fixes. Appliqué à une personne, le mot « stéréotype » décrit un individu réduit à ses caractéristiques les plus superficielles. Le stéréotype reflète une attitude, une option ou un jugement simplifié à l'extrême, ou encore erroné.

Voici une brochette de stéréotypes communs :

  • la blonde écervelée ;
  • l'Asiatique expert en karaté ;
  • le bon ou le mauvais policier ;
  • l'hôtesse de l'air facile ;
  • l'Italien mafioso ;
  • le joueur de football abruti ;
  • l'enfant à lunettes studieux ;
  • l'Arabe terroriste ;
  • le Mexicain paresseux ;
  • le gros jovial.
Chère télé...

Puisque la plupart des émissions de télévision sont relativement courtes – environ 22 minutes par demi-heure – les scénaristes et les producteurs ont souvent recours à des stéréotypes pour camper les personnages le plus rapidement possible. Ces personnages s'habillent et se comportent de façon que les spectateurs puissent les identifier facilement. Dans le western traditionnel, par exemple, on reconnaît le héros à son chapeau blanc, alors que le méchant est coiffé en noir.

Le fait de pouvoir reconnaître un personnage dans une émission ou un film peut être rassurant. Mais le problème des stéréotypes est qu'ils présentent des images incomplètes et parfois trompeuses des gens. Pensez aux vieilles dames et aux pères de famille du petit écran : les unes sont généralement distraites les autres sont nuls en cuisine. À force de voir ces stéréotypes, nous avons tendance à les confondre avec la réalité.

« Je n'ai pas d'autre explication pour l'utilisation des stéréotypes que la facilité. [...] C'est une sorte de code qui évite à l'auteur l'ultime effort qu'est la pensée. »
Harve Bennet, producteur de La Femme bionique
et de L'Homme de six millions de dollars.

Le stéréotype sexuel

Les images des hommes et des femmes véhiculées par les médias influencent notre conception de ce qu'une personne peut faire ou être.

Encore aujourd'hui, les femmes et les hommes que nous montre la télévision répondent à des modèles précis, schématiques et à l'opposé l'un de l'autre. Les filles et les femmes sont souvent timides, émotives, soumises et incapables de résoudre elles-mêmes leurs problèmes ; elles s'intéressent aux histoires d'amour, à leur maison et à leur apparence physique. Les « mauvaises » femmes sont sexy ou, du moins, séduisantes ; les femmes « bien » ne le sont pas. Les garçons et les hommes sont entreprenants, bien informés, indépendants et résolvent leurs problèmes tout seuls ; ils s'intéressent aux voitures, aux sports et à leur travail.

« Les dessins animés, les récits d'aventures, les dramatiques, les nouvelles, les émissions d'affaires publiques constituent autant de domaines masculins si l'on en croit le message laissé par la télévision. »
R. Cloutier, A. Renaud
Psychologie de l'enfant, 1990

Les images stéréotypées des femmes et des hommes sont courantes dans la publicité. Elles peuvent affecter profondément l'image que nous nous faisons de nous-mêmes et de notre corps. Beaucoup de jeunes femmes souffrent de maladies comme l'anorexie et la boulimie. Leur désir d'être mince est renforcé par l'image des mannequins filiformes qu'elles voient dans les annonces.

Le stéréotype ethnique

Encore aujourd'hui, certains groupes ethniques sont presque totalement absents de la télévision nord-américaine. Et lorsqu'ils y apparaissent, c'est souvent à travers une image stéréotypée. Un simple coup d'œil sur le rôle dramatique et la fonction sociale des membres de groupes minoritaires représentés à l'écran confirme cette réalité : qui est le héros, le méchant ? qui gagne, qui perd ? qui travaille, qui est sans emploi ?

Dans les dramatiques, les téléromans et les comédies, les acteurs appartenant aux minorités visibles sont pour la plupart confinés aux rôles de soutien, aux côtés des comédiens blancs qui tiennent les premiers rôles. Et, en règle générale, ce sont les personnages joués par ces derniers qui prennent les décisions, règlent les problèmes et occupent les positions de pouvoir.

« Au Québec, ce n'est que très récemment que les communautés ethniques ont commencé à apparaître à l'écran. Bien que certains efforts aient été réalisés, elles ne sont encore présentées qu'en très petit nombre. Jusqu'à il y a quelques années, même la communauté anglophone était presque totalement absente des émissions françaises du Québec. On y retrouve cependant maintenant quelques anglophones, reconnaissables à leur accent. »
La Famille et la télévision
GRJM. MCQ, 1992

Le stéréotype socio-économique

Les travailleurs, qui constituent pourtant la grande majorité de la population, sont rarement représentés à la télévision par des personnages importants et nuancés. Roseanne, à la télévision américaine, et Marilyn, au Québec, restent des exceptions qui confirment la règle. Le plus souvent, les personnages des séries et des téléromans occupent des fonctions de leaders et jouissent de revenus bien au-dessus de la moyenne. Que l'on pense à Lance et compte, ou encore à Beverly Hills et à La loi de Los Angeles.

Les enfants stéréotypés

À la télévision, les enfants sont présentés presque toujours comme de petits adultes. Ils sont soit des cabotins précoces dont le rôle essentiel est de susciter le rire, soit, à l'autre extrême, des victimes croulant sous des problèmes de drogue, d'alcool, de négligence ou d'abus parental ; on voit très rarement de jeunes personnages équilibrés, simplement habités par des émotions propres à l'enfance.

Les familles stéréotypées

Les familles qui peuplent le petit écran nord-américain : le papa, la maman, les deux enfants et le chien ne reflètent pas la diversité des familles qui les regardent. On rencontre peu ou pas de familles rurales contemporaines, de familles autochtones, de familles homosexuelles, de familles au sein desquelles vivent des grands-parents ou de familles immigrantes.

L'effet des contenus stéréotypés

« Certaines recherches montrent que les enfants de la prématernelle à la 6e année qui regardent beaucoup la télévision s'identifient plus fréquemment à des rôles sexuellement stéréotypés. [...] Ainsi, dans une étude canadienne [...], les enfants n'ayant jamais eu de télévision voient leurs attitudes devenir plus stéréotypées sexuellement après l'introduction de la télévision. Le plus gros changement chez les filles se situe dans l'aire des relations interpersonnelles, tandis que chez les garçons, c'est la perception de ce qui constitue un emploi approprié pour chacun des sexes qui est affectée. »
La Famille et la télévision
GRJM. MCQ, 1992

Source : l'Alliance pour l'enfant et la télévision, Chère Télé... ou comment regarder la télévision en famille.


 
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