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LA TOILE


Prédateurs sexuels sur Internet

Ce document aborde les risques potentiels auxquels les jeunes peuvent être confrontés sur Internet et analyse les moyens d'y faire face.

Le harcèlement existe dans Internet comme dans la vie de tous les jours. Que cela se passe en ligne uniquement ou dégénère en situation réelle, c'est toujours un phénomène très inquiétant. Quand les victimes sont des enfants ou des adolescents, on parle de « prédateurs sexuels sur Internet ».

Existe-t-il des lois pour protéger les jeunes ?

En mars 2001, le projet de loi C-15 qui contient de nouvelles mesures sur le leurre des enfants sur Internet a été présenté à la Chambre des communes et adopté en octobre 2001. Une fois le projet de loi sanctionné, quiconque utilise Internet pour leurrer ou exploiter des enfants à des fins sexuelles commettra un acte criminel. (À noter que le projet de loi concerne les enfants en deçà de l'âge du consentement légal, qui est de 14 ans au Canada.)

L'article 264 du Code criminel classait déjà le harcèlement dans la catégorie des crimes, que ce soit sur Internet ou dans la vie réelle. Autrement dit, tout acte qui fait craindre à une personne pour sa sécurité, ou celle de quelqu'un de sa connaissance, peut relever du harcèlement. Sont considérées comme du harcèlement les actions suivantes :

  • suivre une personne durant ses déplacements ;

  • communiquer à maintes reprises avec elle, directement ou indirectement ;

  • la surveiller à la maison, au travail ou n'importe où ailleurs ;

  • adopter envers elle ou sa famille un comportement menaçant.

Comment les prédateurs attirent-ils leurs victimes ?

Les prédateurs sur Internet sont généralement :

  • de sexe masculin ;

  • séducteurs ;

  • introvertis 

  • pervers 

  • attirés par les deux sexes.

Certains d'entre eux séduisent peu à peu leurs victimes en leur manifestant beaucoup d'attention, d'affection et de gentillesse, et en leur offrant même des cadeaux. Ils sont souvent prêts à y consacrer une quantité considérable de temps, d'argent et d'énergie. Ils écoutent les jeunes et compatissent à leurs problèmes. Ils connaissent leurs musiques préférées, passe-temps et intérêts de l'heure. Ils essaient de diminuer progressivement leurs inhibitions en introduisant peu à peu des propos à caractère sexuel dans la conversation.

D'autres prédateurs n'ont pas cette patience : ils entament immédiatement des conversations de nature sexuelle. Et vont parfois jusqu'à harceler leurs jeunes correspondants. D'autres encore se servent de ces conversations en ligne pour évaluer la possibilité de convaincre un jeune d'accepter un rendez-vous en personne.

Comment les jeunes deviennent-ils victimes de prédateurs ?

Ce peut être à la suite de conversations, par le biais de bavardoirs ou de courriels, ou par l'envoi d'images et de textes sexuellement explicites. Les jeunes, en particulier les adolescents, éprouvent souvent de la curiosité pour la sexualité et tout ce qui y touche. Ils n'acceptent plus aussi totalement la supervision parentale et cherchent à nouer de nouvelles relations à l'extérieur de la famille. Cela explique que certains enfants plus âgés et des adolescents cherchent parfois d'eux-mêmes des images et textes à caractère sexuel ou bien à entrer en contact avec des inconnus qui leur portent un intérêt très spécial. Deux tendances que les délinquants sexuels qui s'attaquent aux jeunes ne manquent pas d'exploiter. Les jeunes adolescents peuvent aussi être séduits et trompés sur Internet par des prédateurs guère plus âgés qu'eux. Ces derniers, même s'ils ne sont pas des pédophiles au sens légal du terme, n'en sont pas moins dangereux parfois.

Qui sont les jeunes les plus à risques ?

Certaines situations et traits de caractère peuvent rendre des jeunes plus vulnérables aux attaques des prédateurs :

  • manque de familiarité avec Internet et la nétiquette ;

  • besoin d'attention et d'affection ;

  • attitude rebelle ;

  • isolement ou solitude ;

  • curiosité ;

  • ambivalence à l'égard de l'identité sexuelle ;

  • confiance aveugle envers les adultes ;

  • intérêt pour des cultures marginales, différentes du milieu familial.

Réduire les risques : ce que les parents doivent faire

  • Parlez à vos enfants de l'existence de prédateurs sexuels et des dangers qu'ils peuvent courir sur Internet.

  • Interdisez complètement les bavardoirs aux jeunes enfants. Le risque est trop grand. Orientez les plus vieux vers des bavardoirs supervisés pour enfants. D'ailleurs, vous devriez même encourager les adolescents à utiliser les bavardoirs supervisés.

  • Dites aux jeunes de ne jamais quitter la zone publique des bavardoirs, même si la possibilité existe souvent de s'isoler pour des conversations en privé (en pv).

  • Si vos enfants fréquentent des bavardoirs, vous vous devez de savoir lesquels et le genre de personnes qui les fréquentent. Visitez-les vous-mêmes pour avoir une idée des conversations qui s'y tiennent.

  • Installez l'ordinateur branché sur Internet dans une des pièces communes de la maison, jamais dans la chambre de votre enfant. Il est beaucoup plus difficile pour un prédateur d'établir une relation avec un jeune si l'écran de l'ordinateur est à portée de vue des parents ou d'un autre membre de la famille.

  • De jeunes enfants devraient partager l'adresse de courriel de la famille et surtout ne jamais posséder leur propre compte de courrier électronique. Quand ils seront plus vieux, votre fournisseur de services Internet (FSI) pourra leur fournir une adresse personnelle, mais toujours à l'intérieur de votre compte.

  • Enseignez aux enfants à ne jamais répondre à des messages d'inconnus qui leur parviennent par courriel ou messagerie instantanée.

  • Informez-vous sur les mesures de protection en ligne existantes à l'école, à la bibliothèque, au domicile des amis de vos enfants, bref dans tous les endroits qui échappent à votre supervision.

  • Si, malgré tout, votre enfant entre en contact avec un prédateur, souvenez-vous que ce n'est pas lui le coupable, mais bien le prédateur, qui porte l'entière responsabilité de son crime.

Réduire les risques : ce que les enfants doivent savoir

  • Des 15 % de jeunes Canadiens qui ont rencontré en personne un ami qu'ils s'étaient fait sur la Toile, 12 % ont trouvé l'expérience « très mauvaise ».

    (Source: Sondage Jeunes Canadiens dans un monde branché, Réseau Éducation-Médias, 2001)
    Ne jamais télécharger d'images provenant d'une source inconnue, au cas où elles seraient à caractère sexuel.

  • Prévenir immédiatement un adulte si quelque chose les effraie ou les embarrasse.

  • Choisir un pseudonyme qui ne traduit ni leur sexe ni leur âge.

  • Ne jamais divulguer de l'information pouvant servir à les identifier sur Internet.

  • Afficher l'Entente familiale pour l'utilisation d'Internet près de l'ordinateur, pour qu'ils se rappellent qu'il est important de protéger leur vie privée en ligne.

Comment savoir si un jeune est en contact avec un prédateur sexuel sur Internet ?

Voici quelques indices qui peuvent indiquer qu'un prédateur menace votre enfant :

  • Votre enfant passe beaucoup de temps sur le Net.
    Il serait bon de surveiller combien de temps exactement et ce qu'il fait. La plupart des enfants victimes de prédateurs passent beaucoup de temps en ligne, en particulier dans les bavardoirs.

  • Vous trouvez du matériel pornographique dans l'ordinateur de la famille.
    Les prédateurs utilisent souvent la pornographie pour s'en prendre sexuellement aux enfants, et s'en servent fréquemment pour introduire des conversations à caractère sexuel. La pornographie infantile peut servir à convaincre un enfant que les relations sexuelles entre adultes et enfants sont « normales ». Les parents doivent être aussi conscients qu'un enfant peut cacher des fichiers pornographiques sur disquettes ou CD-ROM, particulièrement quand l'ordinateur sert à toute la famille. Pour retrouver textes, vidéos et images téléchargés dans votre ordinateur, voir Suivre la trace des jeunes sur Internet.

  • Votre enfant reçoit des coups de téléphone de gens que vous ne connaissez pas ou fait des appels, parfois interurbains, à des personnes dont le nom ne vous dit rien.
    Les prédateurs sur Internet utilisent parfois le téléphone pour avoir des conversations de nature sexuelle avec les enfants, ou pour les convaincre d'accepter une rencontre en personne. Si les jeunes hésitent à donner leur numéro à la maison, les prédateurs donneront le leur. Certains ont même des numéros sans frais, de façon à ce que les parents ne s'étonnent pas de voir apparaître des appels interurbains inexpliqués sur leur facture. D'autres disent aux jeunes d'appeler à frais virés – ce qui leur permet en plus de découvrir le numéro de leur victime sur leur afficheur.

  • Votre enfant reçoit du courrier, des cadeaux ou des colis d'une personne que vous ne connaissez pas.
    Les prédateurs sexuels envoient fréquemment lettres, photos et toutes sortes de cadeaux à leurs victimes potentielles. Certains d'entre eux ont même déjà offert des billets d'avion à des enfants ou à des adolescents pour qu'ils viennent les rejoindre à l'autre bout du pays.

  • Votre enfant s'isole de la famille, ne voit plus ses amis, éteint rapidement l'ordinateur ou change la fenêtre de l'écran quand un adulte s'approche.
    Les délinquants sexuels ne ménagent aucun effort pour éloigner un enfant de sa famille et exagèrent souvent le moindre problème qu'il peut connaître à la maison. Les victimes ont tendance à se replier sur elles-mêmes et à devenir dépressives. Un jeune qui ne voit plus ses amis, qui manque l'école, rencontre peut-être un prédateur sexuel.

  • Votre enfant utilise le compte Internet de quelqu'un d'autre.
    Même un enfant qui ne dispose pas d'Internet à la maison peut rencontrer un prédateur sur Internet via l'ordinateur d'un de ses amis ou celui de la bibliothèque. Les délinquants sexuels offrent parfois un compte à leurs victimes potentielles pour qu'elles puissent communiquer avec eux.

Que faire si un enfant est en contact avec un prédateur sur Internet ?

  • Contactez immédiatement la police locale si un correspondant en ligne envoie à un jeune de la pornographie infantile ou des images à contenu sexuel explicite. En particulier si le tout s'accompagne de propositions sexuelles directes.

  • Vérifiez la présence dans votre ordinateur de fichiers pornographiques et autres formes de communications à caractère sexuel. C'est souvent un bon indice.

  • Surveillez tous les types de communication sur Internet auxquelles un jeune a accès : bavardoirs, messageries instantanées, courriels. Les prédateurs sur Internet recrutent presque toujours leurs victimes dans les bavardoirs et continuent ensuite la relation par courriel.

Source : Adaptation canadienne autorisée d'un texte du FBI américain, intitulé A Parent's Guide to Internet Safety.

 
 
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